L’attaque de la Société générale à Chantilly par la Bande à Bonnot,
Le Petit journal, 7 avril 1912

Nous nous sommes quittés, le 17 août au soir, devant le myrte du Jardin alpin ; le 18 août au matin, nous nous retrouvons devant l’I.P.H, et Clawdia m’entraîne immédiatement rue Jules Breton.

On retourne à la Loge ? demandé-je

« Apprends à faire silence et à écouter, à ne pas parler tout le temps comme un écervelé, un écervelé charmant mais écervelé tout de même », me répond Clawdia, tout à la fois fâchée et souriante, ce dont je ne peux me dépêtrer. Et me désignant un grand immeuble bardé d’antennes qui fait pratiquement face à la loge du Droit humain, elle ajoute : Tu vois ce bâtiment ? Il abrite soi-disant – je veux dire prétendument, bien sûr – les services administratifs de la préfecture de Police. Mais c’est faux. En fait, c’est le siège de la section scientifique de la préfecture de Police, l’héritière des Brigades régionales de police mobile qui ont été créées par Clémenceau, raison pour laquelle on les a surnommées les Brigades du Tigre.

Ah oui, le Tigre, Clémenceau. Clémenceau qui, avant de devenir le premier flic de France, avait été un dreyfusard très convaincu, un de ceux qui avaient permis à Zola de publier son « J’accuse » dans l’Aurore et dont la plaidoirie, au procès, avait été magnifique. Tu m’avais dit que Sarah Bernhardt le connaissait ?

Oui, et Fournier et Richet aussi, puisqu’il était également sénateur du Var. Eh bien lorsqu’il s’est agi de trouver des locaux aux nouvelles brigades, Sarah Bernhardt a convaincu Georges Clémenceau de les installer là, faisant justement valoir qu’il serait intéressant que cette nouvelle police scientifique puisse s’initier auprès des scientifiques de l’I.P.H. aux méthodes de la recherche.

D’accord… et alors ?

Et alors et alors ? De la patience, Bernardo… Je te l’ai déjà dit : tout vient à point qui sait attendre… Et alors les Brigades du Tigre se sont installées ici, sur ce terrain qui avait été celui du marché aux chevaux, et en ce début de XXè siècle qui était celui de toutes les expérimentations, je ne serais pas étonnée qu’elles aient bénéficié, par l’entremise de Charles Richet, de séances de spiritisme qui les aurait aidées à diverses choses, par exemple à découvrir le repère de la Bande à Bonnot

Pardonne moi, Clawdia, mais je ne vois toujours pas le rapport avec le mammouth de Porquerolles…

Oh là là,  mon petit Bernardo, ouvre tes chakras ! Il n’y a pas de rapport direct… Il y a des présomptions, un faisceau d’éléments… Il y a qu’il y a probablement eu, à partir de ce bâtiment qui aujourd’hui émet des ondes hertziennes de je ne sais quelle fréquence ; qu’il y a probablement eu dans les années 1910 un rayonnement d’ondes psychiques et médiumniques, de quoi créer peut-être, à proximité, des phénomènes étranges et irrationnels…

Tu veux dire… tu veux dire que les expériences menées ici, à proximité immédiate de l’I.P.H., auraient, comme un paratonnerre, créé une sorte de récepteur attirant ce qui émanait de la machine de Morel naturelle née à Porquerolles de la chute des météorites ?

Clawdia ne répondit pas mais elle fit sonner un bisou sur le bout de mon nez.

Toute la troisième saison (épisodes parus)

Rappel : première saison (et le texte entier en un seul tenant)

Rappel : deuxième saison (et le texte complet d’un seul tenant)

Derrière ma lecture, « La bande à Bonnot« , de et par Joe Dassin

Aldor

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