La confusion des langues
4. L’intraduisible
Avec la pluralité des langues, vint la pluralité des expressions puus celle des impressions, des compréhensions, des conceptions, des pensées, des gestes, des attitudes, des habitudes : « I miss you, dit l’un » ; « Tu me manques », répond l’autre.
La confusion des langues
3. Se libérer des mots
Quand les mots manquent et qu’ils ne suffisent plus ; quand ils ne parviennent plus à exprimer ce qu’on resssent, les corps prennent le relais : quand les mots manquent, les mains rejoignent les mains ; et dans la confusion des langues, les langues se confondent entre les lèvres embrassées.
La confusion des langues
2. Shinar
Shinar ! Une des boutiques spécialisées d’Old Bon Street s’appelle ainsi. Sa vitrine est spécialement classieuse, décorée de vieux livres reliés de cuir élégant, comme si, dotés de ces prothèses, on allait se muer en Pic de la Mirandole, devenir sage et savant des connaissances du monde, quand il s’agit plutôt, chacun le sait, de pouvoir impunément trafiquer, blesser, tuer puis se fondre dans la foule.
La confusion des langues
1. Les boutiques de Old Bond Street
J’aime beaucoup, dans Old Bond Street, ces boutiques chics aux vitrines étranges, où l’on peut acheter, quand on en a les moyens, des dents, des bouches, des cordes vocales, des palais, des langues, tout un éventail de dispositifs qui, convenablement installés (mais je crois que cette installation demande une petite opération, de l’orthodontie et un peu de neurochirurgie), permettent de parler tous les idiomes de la Terre, avec un accent, une prononciation et une fluidité parfaites.
Épiphanies
Je me demande si ce qui surgit dans l’acte même du dialogue, de la rencontre, du jeu, de la promenade, du rire, du sourire, de la caresse ; ce qui naît et advient dans le geste même qui se fait, l’interaction qui se produit et nous laisse bouleversé, si là n’est pas la seule, l’unique réalité ; et si les pensées et les réflexions que ces actions nourrissent ensuite ne constituent pas, au fond, de simples illusions, des illusions de sagesse suscitées et entretenues par l’ego pour survivre, pour donner à croire qu’il existe, qu’il existe autre chose que la suite des moments.
Les rues sombres
Il y a une chose que je déteste,
C’est de devoir, la nuit,
Dans les rues sombres,
Ou même parfois le jour,
Dans les quartiers déserts,
Chemins de randonnée
Traversant des forêts profondes ;
C’est de devoir changer de trottoir,
Chantonner ou faire quelque chose,
Souvent n’importe quoi,
De bruyant ou d’incongru,
Parce que mes pas,
Le bruit seul de mes pas
Effraie la femme qui marche devant moi.
7 octobre
Le mal donné ne diminue pas le mal reçu, il ne le comble pas, il ne l’éteint pas. Il le creuse, l’accroit, l’étend, salissant et pervertissant tout.
Là-bas
Et toujours, là-bas
(Mais pas si loin),
Depuis quatre ans,
Les femmes réduites,
À on ne sait pas trop quoi :
Peut-être leur seul asservissement,
Leurs seuls empêchements,
Leur statut de chose domestique.
Le plaisir de l’incertain
Il y a un plaisir de ce qui est sûr et certain ; et il y a un plaisir de ce qui n’est ni tout à fait sûr, ni tout à fait certain.
Les grandes enquêtes d’Aldor
Un autre mystère à Porquerolles
8. épilogue : les îles analogues
Patti Smith est à Porquerolles à l’invitation de Charles Carmignac qui, ayant compris la véritable nature de la faille temporelle ancrée dans l’île, a décidé de consacrer l’exposition 2026 aux « Îles analogues » et d’en confier le commissariat général à la chanteuse, dont on connaît l’amour qu’elle a pour René Daumal et son Mont Analogue.