Églises de savoir
A la fraîcheur des églises, je préfère, de beaucoup, celle des bibliothèques. Comme je préfère leur silence, le tamis de leur lumière et l’ambiance de respect qui y règne.
des mots, des phrases, des lignes
A la fraîcheur des églises, je préfère, de beaucoup, celle des bibliothèques. Comme je préfère leur silence, le tamis de leur lumière et l’ambiance de respect qui y règne.
C’était beau. Beau à s’agenouiller. Presque une épiphanie.
Ce qui est extraordinaire, étonnant, délicieux, et d’une certaine façon apaisant et confortable, à Paris et dans les grandes villes, c’est la confusion, la confusion extrême des volontés et des projets, des actions et des mouvements, des décisions et des gestes.
Il y a un plaisir de ce qui est sûr et certain ; et il y a un plaisir de ce qui n’est ni tout à fait sûr, ni tout à fait certain.
Ivres de soleil et de pluie, comme épuisées après l’amour, les pivoines, ces belles endormies, laissaient tomber leur tête lourde, ouvrant grand leurs lèvres de soie rose. Sous l’œil voyeur, des intimités charnelles se dévoilaient.
Ce doit être bizarre de vivre et de n’avoir jamais vécu que dans cet entre soi, cet enclos vitré, loin des bruits, des cris, des lumières de la jungle ; de n’avoir jamais connu la fraîcheur de la pluie et la caresse du soleil, la senteur poivrée du pétrichor, la crainte et le bonheur mêlés d’être un parmi les autres êtres de la grande île natale.
« Les gens » est le faux-nez derrière lequel nous nous cachons pour couvrir nos propres désirs, nos propres besoins, nos propres peurs, nos propres errements.
La sobriété, ça n’est pas la fin du beau et de la joie mais la chasse à ce qui enlaidit et rend pesant le monde. Ce n’est pas, ce ne doit pas être la fin du plaisir, encore moins celle du désir, mais la prise de distance avec cette aliénation par Les choses qu’est l’avidité, que je connais si bien.
Les fardeaux, comme toutes les choses intéressantes de ce monde, ne sont jamais monovalents, jamais univoques : ils vibrent incessamment et se retournent à chaque instant, passant du positif au négatif, de l’attrayant au repoussant : le fardeau pèse et nous fait plier mais notre capacité à l’assumer, à le supporter, nous grandit et nous allège. Il y a une dialectique du fardeau et de la légèreté, de la pesanteur et de la grâce, comme il y a une dialectique du maître et de l’esclave, de la servitude et de la liberté.
Que ce soit dans une petite île comme Porquerolles ou dans les hauts alpages, on a vite fait de réaliser que le processus de sélection naturelle (plus naturelle encore dans les alpages que dans l’île du bon Monsieur Fournier) n’est nullement synonyme de croissance débridée d’une espèce dominante qui écraserait les autres de ses avantages comparatifs ; c’est au contraire le codéveloppement d’espèces multiples mettant en œuvre, avec une inventivité prodigieuse, des stratégies fondamentalement différentes, voire opposées.