Chair
C’est étrange comme des choses sans forme et sans vie : la neige et le sable, par exemple, savent si bien imiter le modelé, la douceur de la chair, et réveiller en nous ses émotions.
des mots, des phrases, des lignes
C’est étrange comme des choses sans forme et sans vie : la neige et le sable, par exemple, savent si bien imiter le modelé, la douceur de la chair, et réveiller en nous ses émotions.
Il y a une chose que je déteste,
C’est de devoir, la nuit,
Dans les rues sombres,
Ou même parfois le jour,
Dans les quartiers déserts,
Chemins de randonnée
Traversant des forêts profondes ;
C’est de devoir changer de trottoir,
Chantonner ou faire quelque chose,
Souvent n’importe quoi,
De bruyant ou d’incongru,
Parce que mes pas,
Le bruit seul de mes pas
Effraie la femme qui marche devant moi.
Et toujours, là-bas
(Mais pas si loin),
Depuis quatre ans,
Les femmes réduites,
À on ne sait pas trop quoi :
Peut-être leur seul asservissement,
Leurs seuls empêchements,
Leur statut de chose domestique.
Il y a un plaisir de ce qui est sûr et certain ; et il y a un plaisir de ce qui n’est ni tout à fait sûr, ni tout à fait certain.
À écouter les chants, j’ai l’impression que le chant fut premier, premier avant la musique et les mots.
J’aime les poulpes accrochés aux fils des tavernes,
Les grands platanes aux feuilles murmurantes,
Les ports, ces portes ouvertes sur les chemins du monde,
Leur parfum d’huile et de mazout, promesse d’aventure,
Ivres de soleil et de pluie, comme épuisées après l’amour, les pivoines, ces belles endormies, laissaient tomber leur tête lourde, ouvrant grand leurs lèvres de soie rose. Sous l’œil voyeur, des intimités charnelles se dévoilaient.
Par moments, je pense à elles,
A ces femmes enfermées dont l’ombre se dissout
Et qu’il ne faut pas oublier.
Un coup de soleil se promenait hier
Dans le jardin du Luxembourg.
Une des choses qu’on comprend, qu’on comprend et ressent
À errer parmi les poissons (je connais ceux de Porquerolles),
Est l’agrément qu’on peut avoir à se laisser aller,
À se laisser contraindre et emporter
Par les événements, la grande houle de la vie.