J’aime bien les ralentis dans les films publicitaires,
Avec cette impression donnée qu’il suffirait
De ralentir le temps pour que les choses prennent sens,
Deviennent stupéfiantes et belles,
Prodigieuses et mémorables.

Une scène banale et quotidienne,
Sous le microscope du ralenti,
Devient une aventure à nulle autre pareille,
Un instant qui, de nul, devient inoubliable.

Et le plus amusant, incroyable, inouï,
C’est que c’est vrai,
Vrai qu’il en va vraiment ainsi.

Prenez n’importe quoi, un quelconque moment,
Et examinez-le à la loupe, en détail :
Le rayon de soleil éclairant les cheveux,
La lueur dans l’oeil vert,
Le sourire sur les lèvres,

Ajoutez-y le chant d’oiseau,
Le parfum du tilleul,
La douceur de la voix,
Toutes ces choses qu’on oublie,
Qu’on juge insignifiantes au moment de les vivre,
Et dont l’éclat ne se révèle vraiment
Qu’au soleil noir de la nostalgie,
Quand le temps est passé.

J’aime bien les ralentis
Que sur l’écran noir de mes jours
Chaque jour de ma vie,
Je me fabrique dans ma tête ;
Ce grand cinémascope que je monte en direct,
A partir des images qui sont devant mes yeux.

Puisse-t-elle, cette attention,
M’éviter de devoir
Laisser demain couler des larmes sur mes joues,
Remuant dans mes mains des souvenirs flétris
Et visionnant des films au ralenti.

Aldor

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