Quelle catastrophe les a roulés dans le torrent de la vie au point d’en faire des êtres pleins de bosses et de meurtrissures, des plaies ouvertes qui hurlent et cherchent à mordre ?

Quel malheur caché au fond de leur inconscient les a foudroyés en ne laissant en eux qu’une vie morte ?

Mais on se dit, par orgueil sans doute, par cette foi orgueilleuse dont l’amour est rempli, qu’on arrivera, à force de soin, de patience, d’attention, à ranimer cet être, à le ramener du pays des morts.

On se prend pour Orphée allant chercher sa bien-aimée.

Mais les noirceurs et les tourments de l’Hadès ne sont rien comparés à ceux de l’âme.

Quel bonheur que celui d’Eurydice quand elle voit poindre la lumière, quelle confiance retrouvée ! Mais la terreur qui immédiatement la saisit de ne pouvoir supporter la lumière qui règne hors de la caverne

Et sa fuite éperdue vers l’Enfer, haineuse de soi et de qui lui a montré le jour !

Écrasée d’un poids plus lourd encore d’avoir cru à la délivrance et de l’avoir trahie.

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