« Il a une couille malade, genre ? »,
S’exclamait, devant ses amies,
Medusées et amusées,
Une jeune fille que je croisai hier
Qui se promenait sur les quais.


J’adore et fais grand usage de la polysémie de ce genre qui peut à peu près tout signifier, du Peuchère au Putain en passant par le Trente-et-un trente-deux dont je ne sais toujours pas, après toutes ces années, si ce fut une vraie expression marseillaise ou seulement une galéjade inventée par Pierre-André. Je me souviens que la formule devait s’accompagner d’un mouvement de rotation du poignet droit, pouce et auriculaire sortis mais semblable (cela mis à part) au geste qu’on accomplit en changeant de vitesse sur une 4L ou une 2 CV (je veux dire : une de ces vieilles voitures sur lesquelles le levier de vitesse était sur le tableau de bord)

Dans la douceur printanière et l’ombre des arbres en fleurs, ce genre, hier, sonnait simplement comme un éclat de rire, un Trente-et-un trente-deux lancé sur la Corniche en regardant des nageurs plonger par un beau soir d’été.

Preuve, s’il en était besoin, que c’est rarement dans les mots que se trouve leur sens, ou de manière infinitésimale.

Ce pourquoi, quand on correspond par écrit, il faut, comme le disait Patrice, être infiniment précautionneux (ou utiliser les émoticônes).

Car avec les mots (les seuls mots), on ne comprend rien.

Quant à la photo, c’était du côté d’Endoume, près du vallon des Auffes, un soir du mois d’août.

Aldor

One Reply to “Trente-et-un trente-deux”

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