Orgue minéral (un rêve)
C’est alors que s’élevait le chant de l’orgue, que levaient les notes de musique dans le grand champ ensoleillé.
Sauter pour mieux reculer : les objectifs écologiques
Nous confions ainsi à nos enfants le soin de résoudre l’immense paquet de problèmes que, chaque jour et patiemment, nous faisons grossir et fourgons sous leur tapis. Le contraire d’une attitude responsable.
Inachèvement et espérance
L’impatience a aussi une vertu : elle oblige à se lancer, à se lancer dans l’imperfection, à se lancer dans l’incertitude. Elle est l’autre nom de la foi qui nous permet de croire, d’agir, d’aimer, sans être sûrs de ne pas nous tromper – sans être sûrs de rien. Elle est ce qui nous donne le courage de nous engager.
Le monde, l’esprit et le Mikado
Nous ne pouvons pas concevoir qu’une même réalité, un même phénomène, une même substance, un même être, ait simultanément des attributs très nombreux et totalement indépendants les uns des autres.
Réserves
Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles, ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps.
L’été grec
Quand vient l’été, vient le désir des choses grecques : désir de lumière, de blancheur, de simplicité ; de netteté, de rigueur, de contraste. Désir de Méditerranée, de Camus, d’oliviers secs et de chemins pierreux. Désir de soif et d’absolu, de violence aussi peut-être : Ulysse, la force, Dune, Œdipe, Antigone, le destin et les dieux.
Heureux les riches en esprit
Heureux les riches en esprit
(et en autre chose peut-être),
Qui sont prêts,
Pour sauver le climat,
À sacrifier la biodiversité.
Reconnaissances
On appelle ça reconnaissance mais la première est souvent plutôt une découverte ; la deuxième un aveu, fait à soi-même puis aux autres ; et la troisième une expression de gratitude. Mais les trois sont liées et rebouclent l’une sur l’autre.
Le fardeau des seins
Pas plus que la fonction utile des corps n’est de faire le coup de poing, le sein n’est un fardeau. Ou plutôt : le fardeau du corps, qui pèse sur les femmes mais aussi sur les hommes, est aussi cette ancre libératrice qui, obligeant les êtres humains à se poser parfois, leur permet de n’être pas soumis aux seules exigences de l’action.
Épanchement du bitume et du bruit
Il y a dans cette stérilisation progressive de la nature par le bitume visqueux de nos routes, de nos trottoirs, de nos parkings, de nos voies de garage, de toutes ces implantations industrielles et commerciales qui définissent les faubourgs, quelque chose du chien marquant son territoire par son urine, une sorte de terre brûlée.