Démonétiser le monde
Il ne s’agit pas d’enrichir le monde ; il s’agit de le démonétiser, de recréer et d’agrandir des espaces naturels, mentaux, culturels, sociaux, qui ne soient pas soumis à notre avidité et au jeu continuel de l’offre et de la demande. Des espaces physiques et intérieurs libérés de cette pression où le monde puisse se réenchanter.
Les gens
« Les gens » est le faux-nez derrière lequel nous nous cachons pour couvrir nos propres désirs, nos propres besoins, nos propres peurs, nos propres errements.
Poils aux jambes
Les femmes incarnaient la grâce et la pureté. Que ces nymphes et ces fées aient des poils aux jambes brisait ma compréhension du monde, et avec elle la cage dorée dans laquelle j’avais fantasmatiquement enfermé ces belles (mais finalement pas si parfaites) créatures
Originalité, excentricité et #Metoo
L’âge aidant, je comprends qu’on peut très facilement considérer comme excentriques, faits simplement pour choquer et marquer une différence, des comportements ou habillements qui sont en fait originaux
Une solution définitive à la concupiscence
Si je devais, moi, protéger les hommes, les faibles hommes, de la concupiscence et des errements que suscite en eux la vue et l’existence même des femmes, je ne me contenterais pas de demander à celles-ci de cacher leurs cheveux.
Jardinier
Parmi les beaux métiers du monde, il y a celui de jardinier.
Donner et recevoir : la caresse
Avec les animaux comme avec les êtres humains, la caresse, dès qu’elle ne s’impose pas, est bijective, à la fois donnée et reçue, plaisant à qui la donne comme à qui la reçoit. Au point qu’à strictement parler, la caresse ne se donne pas plus qu’elle ne se reçoit ; elle se partage ; elle est un dialogue.
More of the good
La sobriété, ça n’est pas la fin du beau et de la joie mais la chasse à ce qui enlaidit et rend pesant le monde. Ce n’est pas, ce ne doit pas être la fin du plaisir, encore moins celle du désir, mais la prise de distance avec cette aliénation par Les choses qu’est l’avidité, que je connais si bien.
Le nécessaire, le nuisible et les prix
S’il est nécessaire de baisser nos émissions de carbone, il y a d’ores et déjà plein de bonnes raisons qui justifient qu’on instaure dans de nombreux cas des transitions, des exceptions, des modalités particulières ; mais la discrimination par les prix, qui conduit à ce que, toutes choses égales par ailleurs, les plus fortunés aient la possibilité de persévérer dans des comportements dénoncés comme nuisibles et interdits pour cette raison aux autres, ça ne peut pas marcher.
Porter le monde
Les fardeaux, comme toutes les choses intéressantes de ce monde, ne sont jamais monovalents, jamais univoques : ils vibrent incessamment et se retournent à chaque instant, passant du positif au négatif, de l’attrayant au repoussant : le fardeau pèse et nous fait plier mais notre capacité à l’assumer, à le supporter, nous grandit et nous allège. Il y a une dialectique du fardeau et de la légèreté, de la pesanteur et de la grâce, comme il y a une dialectique du maître et de l’esclave, de la servitude et de la liberté.