Skip to content
Menu
Lignes
  • Accueil
  • Aldor
  • Improvisations
  • Images
  • Promenades
Lignes

Création perpétuelle

Posted on 18 février 202318 février 2023
Un camélia rose du Jardin des Plantes

Rabbi Bounam, qui officiait au XVIIIè siècle en Pologne, disait : « Les premières paroles de l’Ecriture, il faut les comprendre ainsi : « Au commencement de la création par Dieu du ciel et de la terre ». Parce que, de nos jours encore, le monde demeure à l’état de création. En effet, lorsqu’un artisan fabrique un objet et qu’il l’a terminé, l’objet n’a plus besoin de lui. Mais il n’en va pas du tout de même en ce qui concerne le monde : jour et nuit et d’instant en instant, il lui faut, pour subsister, qu’incessamment se renouvellent les forces de la Parole originelle qui le créa. Et si, pour un seul instant, la vertu de ces forces venait à lui manquer, il retomberait instantanément à l’état de chaos. ».

Il y a des jours où, plus encore que d’autres, la vérité de cette pensée me saute à la figure : la beauté du monde, la vie, la grâce, le bonheur ne nous sont pas donnés une fois pour toutes ; il faut, à chaque instant, les entretenir, les soigner, les choyer, les entourer d’attention et d’amour pour qu’elles se perpétuent, se renouvellent, se revivifient, se recréent et s’épanouissent. Sans cet amour et cette attention continuelles, la flèche du temps, l’entropie et le chaos emportent tout, réduisent chaque chose en poussière, ramènent tout au néant.

C’est vrai pour le monde, c’est vrai pour la vie, c’est vrai pour la beauté, c’est vrai pour l’amour : sans cette attention, ce soin, cet effort empathique de chaque instant, tout a vite fait de s’effilocher, de se distendre, de s’abandonner à l’attrait du vide pour revenir au rien initial, ou au trop plein peut-être du Tsimtsoum, à un état de calme et de rondeur où le manque n’existe pas, où rien ne vient troubler la plénitude immobile.

Il n’y a pas d’amour heureux, chante Brassens. Je crois quant à moi qu’il y en a. Ce sont ceux qui se recréent chaque jour, qui chaque jour redécouvrent, qui chaque jour réinventent, qui chaque jour renaissent. Parce qu’on a su garder les yeux ouverts, ne pas les laisser obscurcir par le voile de l’habitude et de la lassitude, rester éveillé comme ces serviteurs des Evangiles qui ne cèdent pas à la tentation du sommeil.

Savoir maintenir son attention, qui est un autre nom de l’amour.


On trouve de nombreuses pensées de Simha Bounam de Pjyzha dans les Récits hassidiques recueillis par Martin Buber.

Partager :

  • Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
  • Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer
  • Cliquer pour envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail

J’aime ça :

J’aime chargement…

Articles similaires

Laisser un commentaireAnnuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Divers

  • Connexion
  • Flux des publications
  • Flux des commentaires
  • Site de WordPress-FR

Articles récents

  • Les rues sombres
  • 7 octobre
  • Là-bas
  • Le plaisir de l’incertain
  • Les grandes enquêtes d’Aldor
    Un autre mystère à Porquerolles
    8. épilogue : les îles analogues

Commentaires récents

  • etoile31 dans Les rues sombres
  • Aldor dans Là-bas
  • etoile31 dans Là-bas
  • etoile31 dans Le plaisir de l’incertain
  • etoile31 dans Les grandes enquêtes d’Aldor
    Un autre mystère à Porquerolles
    8. épilogue : les îles analogues

Catégories

  • Les grandes enquêtes d'Aldor
  • Des mammouths à Porquerolles
  • Uncategorized
  • Dystopie
  • Haïku
  • Un autre mystère à Porquerolles
  • poème
  • Question
  • Souvenirs
  • Carnet
  • Farce
  • Rêve
  • Fable
  • Conte
  • Idées
  • Tics
  • exercices de style
  • Fantastique

Archives

  • octobre 2025
  • septembre 2025
  • août 2025
  • juillet 2025
  • juin 2025
  • avril 2025
  • mars 2025
  • février 2025
  • janvier 2025
  • décembre 2024
  • mars 2023
  • février 2023
  • janvier 2023
  • décembre 2022
  • novembre 2022
  • octobre 2022
  • septembre 2022
  • août 2022
  • juillet 2022
  • juin 2022
  • mai 2022
  • avril 2022
  • mars 2022
  • février 2022
  • janvier 2022
  • décembre 2021
  • octobre 2021
  • septembre 2021
  • août 2021
  • juillet 2021
  • juin 2021
  • mai 2021
  • avril 2021
  • mars 2021
  • février 2021
  • janvier 2021
  • décembre 2020
  • novembre 2020
  • octobre 2020
  • septembre 2020
  • août 2020
  • juillet 2020
  • juin 2020
  • mai 2020
  • avril 2020
  • mars 2020
  • février 2020
  • janvier 2020
  • décembre 2019
  • novembre 2019
  • octobre 2019
  • septembre 2019
  • août 2019
  • juillet 2019
  • juin 2019

Méta

  • Connexion
  • Flux des publications
  • Flux des commentaires
  • Site de WordPress-FR

Aldor (le blog)

Horizons perdus (de James Hilton)

Horizons perdus (de James Hilton)

La Cerdagne, cette haute vallée plongée dans l’éclat du soleil et dominée par la pyramide du Carlit ; la Cerdagne ressemble à Shangri-La, cette vallée bleue tibétaine massée au pied du Karakal, suspendue dans le temps et l’espace, décrite par James Hilton dans Horizons perdus.

Hécube, pas Hécube (de Tiago Rodrigues)

Hécube, pas Hécube (de Tiago Rodrigues)

Il y a la scène, qui n’est pas simplement le miroir mais le lieu de la répétition, le lieu singulier de la répétition, d’une répétition qui jamais ne se répète : simul et singulis. La scène est le lieu passeur de mondes, sorte d’Aleph où se crée, se façonne, évolue, sous la parole sage et prophétique du choeur, ce qui n’est pas encore figé, où se crée ce qui sera plus tard avant que le plus tard, que le trop tard n’advienne.

Une révolution intérieure (de Gloria Steinem)

Une révolution intérieure (de Gloria Steinem)

Les histoires que raconte Gloria Steinem dans Une révolution intérieure font penser à Modesta, la magnifique héroïne de L’Art de la joie, de Goliarda Sapienza. Ce sont des récits de renaissance, de naissance peut-être, à tout le moins de libération.

Printemps silencieux (de Rachel Carson)

Printemps silencieux (de Rachel Carson)

Le livre de Rachel Carson, à la fois solidement documenté et écrit avec poésie et humanisme, ne fut donc pas sans effet, il s’en faut de beaucoup. Et pourtant, soixante ans après, comme cinquante ans après le rapport Meadows, comment ne pas constater qu’il fut vain, en ceci que tout ce qu’il disait est à redire, que tout ce qu’il avait permis de commencer est à recommencer ?

L’adoration des mages (d’Augustin Frison-Roche)

L’adoration des mages (d’Augustin Frison-Roche)

L’adoration des mages est la pièce maîtresse de l’exposition Épiphanies que le Collège des Bernardins consacre à Augustin Frison-Roche.

Improvisations

La lourdeur d’Alceste

La lourdeur d’Alceste

Alceste est lourd, sérieux ; il prend tout à coeur : les choses qui n’ont, au fond, aucune importance, comme les plus essentielles, ses affaires de cœur, justement, qui devraient alimenter sa joie mais qu’il assombrit et mine assidûment de sa lourdeur, de son sérieux, de son incapacité à « prendre une distance suffisante »

Read the postLa lourdeur d’Alceste

Alceste, idiot sublime

Alceste, idiot sublime

J’aime cet homme, cet idiot qui sait que ce sont des rêves que naît la beauté du monde.

Read the postAlceste, idiot sublime

Sens de l’émotion

Sens de l’émotion

La vue, comme la dextérité peut-être, est rationnelle et méthodique : elle classe, organise, analyse et compare ; les autres sens, brouillons et brumeux, vibrent en nous par resonance, par harmonie, comme le ferait une diapason planté dans notre cœur.

Read the postSens de l’émotion

Confidence, confession, aveu

Confidence, confession, aveu

On parle de la même chose mais on ne dit probablement pas la même chose ; on ne dit certainement pas la même chose. C’est qu’il y a un abîme entre la parole qui s’est préparée, qui s’est apprêtée, qui s’est faite belle, et celle qui est livrée, extirpée, arrachée pat la violence, qu’elle soit celle des tenailles ou celle du sermon : l’une est libre, l’autre serve et soumise.

Read the postConfidence, confession, aveu

Le bonheur et la joie

Le bonheur et la joie

La joie est un élan, un mouvement, un saut de l’ange dans l’inconnu de la vie. Elle est cette pulsion créatrice dont le bonheur est comme la dérivée mathématique : un état calme et tranquille, une plénitude dont on jouit mais où tout s’apaise, rien ne venant y déplacer les lignes.

Read the postLe bonheur et la joie

Images

Novembre

Novembre

L’ange Liberté de l’assemblée nationale

L’ange Liberté de l’assemblée nationale

Notre-Dame de Dijon 2

Notre-Dame de Dijon 2

Notre-Dame de Dijon

Notre-Dame de Dijon

Montmartre

Montmartre
©2025 Lignes | Powered by SuperbThemes
%d