
Il existe, à Porquerolles, quelque part dans le parallépipède irrégulier formé par la Presqu’île du Langoustier, le Cap d’Armes, le Gros Sarranier et le Cap des Mèdes (Non ! Même la tête sur le billot, je ne serai pas plus précis, je ne veux pas que des hordes de pilleurs envahissent le site à la recherche de je-ne-sais quel trophée archéologique !) ; il existe, donc, quelque part sur l’île, une grotte, un abri plutôt, que les autochtones connaissent bien, quoique sous un autre nom, et où la roche se plie de telle manière qu’on croirait voir une huître fermée, raison pour laquelle les paléontologues venus ici début 2025 l’ont baptisé, avec un souci de simplicité qu’on peut et doit saluer, « l’abri de la grande huître ».
Ce site, perché sur le relief, permettait, du temps de la grotte Cosquer et des mammouths, de surveiller la grande plaine sud, à l’extrémité de laquelle battait la mer, et donc de guetter de loin l’arrivée des troupeaux de pachydermes. Rien d’étonnant donc, en fait, à ce que, dès les premières fouilles, des traces de très ancienne occupation humaine y aient été repérées, sous forme notamment de restes de foyers et de petits os d’animaux visiblement tailladés à la dent, à la dent bien humaine.
L’analyse des poussières de charbon de bois a permis aux chercheurs du CNRS et de l’Institut Max Planck qui étaient en charge du site de dater sa période de fréquentation à environ -20 000 ans avant notre ère, soit une période assez proche de celle de la seconde occupation de la grotte Cosquer.
Plus inattendue parce que rarement rencontrée dans les régions méditerranéennes, la découverte d’une gravure géométrique, incisée dans le rocher, du genre de celles qu’on a trouvées un peu partout en Europe et en Afrique mais notamment dans la forêt de Fontainebleau.

Une particularité du pétroglyphe de l’abri de la grande huître est l’utilisation simultanée de formes qu’on retrouve ordinairement sur des gravures distinctes : lignes croisées en damier ou en plateau de jeu de go, diagonales, cercles concentriques, spirales, points, tout un enchevêtrement sur lequel les chercheurs se sont, depuis des mois, penchés pour en trouver la signification : s’agit-il d’une œuvre esthétique faite pour exprimer ou donner un sentiment de plaisir ; est-ce outil mathématique, une sorte de boulier fait pour dénombrer on ne sait quoi ? ; est-ce un plan (mais de quoi ?), une carte (mais de quelle contrée ?) ; faut-il voir dans les cercles une représentation stylisée de seins, de méduses, d’yeux de Sainte-Lucie, de tourbillons marins ?

Pendant des semaines, nos amis scientifiques sont restés cois. Puis, à force de revenir sur place, de faire des relevés, de les analyser à la loupe, quelque chose est apparu, quelque chose qui se situait un peu à gauche du centre et qui détonnait dans ce gribouillis :

A cet endroit précis de la gravure, on distinguait clairement un dessin de flèches, de trois flèches stylisées plantées dans un corps.
En illustration sonore, derrière ma lecture, Les hommes des cavernes, de Pierre Lozère.
À suivre…
Le feuilleton complet est ici (mais à l’envers).
NB du 15 août 2025 : nous avons visité hier l’exposition Vertigo à la Fondation Carmignac et je constate (je ne fais que constater, sans commentaire) que l’une des premières œuvres exposées, de Helen Frankenthaler s’appelle (comme par hasard) Petroglyphs.


C’est donc qu’elle est à ouvrir…
Peut-être, @etoile31, peut-être. Mais peut-être pas…
Impossible d’accéder au texte(pas de droits) qui commence par
(…)
Des Rochers des criques la….
(…)
Aha ! Normal.
Je l’avais publié par erreur mais c’est un brouillon, et loin d’être terminé !