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« Life never becomes a habit to me. It is always a marvel »

Posted on 27 février 20227 septembre 2022
La mare à la Ricarde, près de Bourron-Marlotte

« Life never becomes a habit to me. It is always a marvel » a écrit Katherine Mansfield, comme le rappelle une plaque apposée sur un rocher de la forêt de Fontainebleau, où elle aimait se promener tandis qu’elle séjournait à l’institut de Georges Gurdjieff, à Avon, non loin de là.

Je ne suis finalement pas d’accord avec cette pensée ; pas totalement du moins. Je crois qu’il faut pouvoir et savoir saisir, de chaque parcelle, de chaque instant de notre vie, son caractère merveilleux et miraculeux, et que ceux qui ne le savent pas la perdent, ou du moins la gâchent. Mais je crois aussi que vivre effectivement chaque parcelle et chaque instant de notre vie comme une merveille et un miracle est le contraire de la vie.

Je me promenais hier dans cette forêt de Fontainebleau que Katherine Mansfield avait tant aimée. Que de belles heures passées là ! Que d’instants d’admiration et de béatitude devant ces couleurs, ces parfums, ces sons ! Quel plaisir ressenti à respirer et à se mouvoir ! Mais il ne peut y avoir d’admiration ou de béatitude à jet continu. Non seulement c’est physiologiquement impossible (il faut, de loin en loin, reprendre souffle et désécarquiller les yeux) mais il y aurait, dans une attitude d’admiration continuelle, quelque chose de foncièrement faux et inauthentique, parce que contraire au mouvement de la vie, au plaisir même de vivre.

Fleur de prunier

Une grande partie du plaisir de vivre, comme du plaisir des vacances, vient du temps perdu, du temps gâché, de ce temps dérobé à la prétendue nécessité de profiter au mieux, de tout maximiser, de tout happer, de tout voir, de tout faire. Une grande partie du plaisir de la vie, comme des vacances, comme de l’amour, vient de l’abandon, du laisser-aller, du lâcher-prise. Lâcher-prise non pas dans le sens d’une focalisation artificielle sur un instant présent dont il faudrait tirer tout le suc mais dans celui d’une défocalisation générale : souffler et perdre son temps, faire la sieste.

On ne peut à la fois vivre et vouloir vivre comme si la vie nous était un cadeau précieux. Elle nous est un cadeau précieux, Ô combien ! Mais on ne peut pas la vivre ainsi. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, le plus bel hommage qu’on puisse rendre à la vie est, comme le proposait si justement Fanny Ardant, de la vivre avec désinvolture.

La plaque à la mémoire de Katherine Mansfield, non loin de la Tour Denecourt

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