Produire, construire, fabriquer

À partir de quel moment cette capacité créatrice née du besoin de survivre et grandie de l’aspiration à l’amour et au beau se mue-t-elle en une sorte de logorrhée ou d’incontinence matérielle et productive, en un besoin incontrôlable de générer des choses ? À partir de quel moment notre plaisir de créer devient-il soif d’humaniser le monde entier, de détruire tout ce qui n’est pas nous ?

Malédiction de la beauté

La beauté porte en elle les affres, les vicissitudes, les tribulations de l’incarnation. Et parce que les femmes sont, chez les humains, beaucoup plus assignées à leur corps que ne le sont les hommes, elles subissent l’essentiel de cette ambivalence, de cette injonction contradictoire : être belle mais ne pas en faire trop ; rayonner tout en restant discrète.

Porte du désir

Éclairer l’inconnu, combler notre faim de savoir mais conserver cependant, au coeur de cette connaissance, un puits d’ombre, un lieu de mystère qui soit une porte gardée ouverte vers l’inaccédé. Cet inaccédé dont l’existence seule peut, sans le combler, maintenir notre désir, notre humanité.