J’aime le rouge à lèvres et j’aime les robes grecques,
La sophistication et la simplicité,
Le zen et le baroque, la ligne et l’arabesque,
Les paillettes qui brillent et le noir de jais.

J’aime la pâleur de la lune et l’éclat
Du soleil qui écrase, du diamant qui luit,
La blancheur de la neige, la douceur de la nuit,
Le calme de Ronsard et l’effroi du Horla.

J’aime la pure Antigone, et j’aime aussi Créon,
La caresse de la brise et la gifle du vent,
Vivaldi plein de grâce et Wagner hurlant,
Le calme et la tempête, le silence et les sons.

J’aime l’humilité des fleurs et l’orgueil
Qui construit pyramides et tours de Babel,
Le mouton et la laine, le piment et le miel,
Le chemin et le but, l’objectif et le seuil.

J’aime la solitude des chemins éperdus,
Les nuits face à la lune où je me crois Pierrot,
Les quais bondés, l’odeur tenace du métro,
Et la foule et le bruit des salles des pas perdus

J’aime toucher la terre de mes pieds, et les cieux
En même temps les toucher de mon front, et mes yeux,
En même temps atteindre les étoiles et cet or,
Et tout lier, et tout unir de mon corps.

J’aime les philosophes, les sages et les fous,
Et les regards canailles, et la geste des saints,
La bonté de Marie, et la rondeur des seins,
Le corbeau, le renard, et l’agneau, et le loup.

J’aime être tout cela, et l’ange et la bête,
Un homme, rien qu’un homme, un homme enfin,
Avançant comme il peut sur ce rude chemin,
Sur la ligne frontière, sur la ligne de crête.

Aldor

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