Les rues sombres

Il y a une chose que je déteste,
C’est de devoir, la nuit,
Dans les rues sombres,
Ou même parfois le jour,
Dans les quartiers déserts,
Chemins de randonnée
Traversant des forêts profondes ;
C’est de devoir changer de trottoir,
Chantonner ou faire quelque chose,
Souvent n’importe quoi,
De bruyant ou d’incongru,
Parce que mes pas,
Le bruit seul de mes pas
Effraie la femme qui marche devant moi.

Là-bas

Et toujours, là-bas 
(Mais pas si loin),
Depuis quatre ans,
Les femmes réduites,
À on ne sait pas trop quoi :
Peut-être leur seul asservissement,
Leurs seuls empêchements,
Leur statut de chose domestique.

Ode à la Grèce

J’aime les poulpes accrochés aux fils des tavernes,
Les grands platanes aux feuilles murmurantes,
Les ports, ces portes ouvertes sur les chemins du monde,
Leur parfum d’huile et de mazout, promesse d’aventure,

Laisser-aller

Une des choses qu’on comprend, qu’on comprend et  ressent
À errer parmi les poissons (je connais ceux de Porquerolles),
Est l’agrément qu’on peut avoir à se laisser aller,
À se laisser contraindre et emporter
Par les événements, la grande houle de la vie.