Le chemin

Chemin de Compostelle entre Sorges et Périgueux

Parce qu’il n’est ni le sentier, ni la route, le chemin est l’idéal retrouvé du paradis perdu : l’équilibre harmonieux entre les hommes, les femmes et le reste de la nature.

Le sentier est sauvage : la nature y déborde ; la route est totalement artificialisée, recouverte de cette couche de pierres, de gravillons, de goudron qui stérilise le sol ; le chemin est cet heureux accord dans lequel les créatures coopèrent pour pour faire de la voie un jardin tapissé de fleurs.

La route et le sentier tracent et coupent droit. Ils sont comme ces voies romaines qui deux mille ans plus tard se repèrent à la balafre longiligne laissée sur le territoire ; les chemins cheminent, jouant avec les reliefs et les paysages, contournant les obstacles, navigant entre sommets et marais.

C’est une douce illusion, et qui nous remplit d’aise. Quel bonheur de se sentir chez soi, avec les siens, parmi les brins d’herbe, les pâquerettes et les boutons d’or, et de pouvoir les fouler, sans honte ni colère, sans méchanceté ni peine, parce que nous sommes la même substance, qu’ils ne sont pas des autres mais des autres nous-mêmes, et que nous marchons et allons, piétinant herbes et fleurs, comme piétinent et paissent les ânes, les vaches, les moutons.

Peut-être y a-t-il là, dans ce cheminement, comme une porte étroite.

PS : l’enregistrement viendra plus tard, quand je serai revenu du chemin.


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