Dans la belle exposition que la Fondation Carmignac,

À Porquerolles,

Consacre à la mer et à son exploitation,

Vit (survit, peut-être),

Dans un cube de béton gris posé au milieu du jardin,

Un couple d’axolotls.



J’aime beaucoup l’île de Porquerolles,

La Fondation Carmignac,

Moriarty et Rosemary Standley (merci Tiphaine qui me l’a fait connaître !)

Mais pourquoi cet enfermement ?



Ils sont là, les deux axolotls, allongés sur le sable,

Craintifs sous un rocher,

Dans une longue pénombre.

Et le coeur saigne de les voir ainsi instrumentalisés, traités comme des choses inertes,

Car ce sont des êtres vivants et sensibles,

Comme le montrent leurs yeux noirs qui brillent

Et leur sourire triste.



Puis l’on se dit aussi que ce spectacle,

Qui tellement nous gêne dans un musée,

Jamais ne nous a scandalisé dans un zoo,

Un aquarium,

Un laboratoire,

Ou un élevage de saumons.

Et que ce n’est donc pas tant la chose en elle-même qui nous choque

Que sa mise en avant,

La muséographie qui l’entoure,

Et qui la pose là (comme on dit).



Car ils seraient à l’Institut océanographique,

Nos deux axolotls,

On trouverait ça très mignon,

Et nul ne songerait à plaindre leur enfermement,

Qui serait pourtant le même,

Exactement.


C’est du musée que naît la plainte parce qu’il nous fait regarder ce que nous voyons tous les jours sans le voir :

Qu’il est triste, pour un axolotl, une salamandre ou un poisson,

De vivre sa vie dans un cube de verre ;

Et qu’il est stupéfiant qu’on ne s’en soit pas plus tôt aperçu.



C’est du musée que vient cette révélation



Et de cette prise de conscience à tiroirs,

Échelonnée,

Cahotique,

Nous devons finalement remercier la Fondation,

Et l’artiste : Mathieu Mercier.

Aldor

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