Une des choses qui me troublent, me désemparent et m’émerveillent quand, par instants, j’en prends conscience, est le contraste (ou bien plutôt la redondance) entre le nombre immense des créatures : hommes, chouettes, fleurs, libellules, baleines, arbres, éléphants et souris, et la valeur immense de chacune d’elles.

Longtemps, et trop souvent encore maintenant, j’ai considéré que le grand nombre des créatures était le signe de leur faible valeur.

Il faut, parfois, faire effort sur soi pour accepter que les deux puissent se concilier, qu’on puisse à la fois être collectivement très nombreux et chacun inestimable.

Il m’a fallu longtemps pour comprendre le « Mozart assassiné » que lance, dans les dernières lignes de Terre des hommes, Antoine de Saint-Exupéry.

Longtemps pour accepter l’abyme et le vertige de ce monde plein, débordant de créatures immenses, aussi petites soient-elles, de ce monde fait de mondes dont chacun est d’une inépuisable profondeur, d’une inépuisable dignité.

Longtemps pour adorer.


Des zèbres, des zèbres à perte de vue et à n’en plus finir, dans le Serengeti, en Tanzanie.

Aldor

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