L’altération par excellence, c’est la soif.

La soif altère tout : la force, l’énergie, le bonheur, le courage. Et ce qu’elle n’altère pas, elle le pourrit et le gangrène : de peur de ne plus avoir d’eau, on économise celle qu’on a encore, renonçant par anticipation et prudence au plaisir simple d’étancher sa soif, dans l’obsession castratrice de la goutte dernière. De proche en proche, tout se réduit à cette appréhension et on craint de plus pouvoir être que cela : une immobilité minérale et ombragée attendant la fraîcheur de la nuit.

Ce n’est pas boire qui désaltère mais boire d’abondance. Boire en sachant qu’on pourra reboire, que la source n’est pas tarie à qui pendent nos lèvres, que le temps a pris fin de la sobriété imposée. Ce n’est pas boire qui désaltère mais savoir qu’il y a plus d’eau qu’il n’en faut.

Il ne nous suffit pas d’avoir à suffisance. Il nous faut un peu plus pour ne pas être asservis par la peur du manque.

La liberté commence avec le plus que nécessaire.

Grâce soit rendue à la commune de Montillot qui, aux Hérodats, a placé sur le chemin un robinet d’eau potable.

Aldor

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