Il y a, dans 2001 : l’odyssée de l’espace, une scène célèbre et troublante dans laquelle HAL, l’ordinateur de bord du vaisseau spatial ayant été pris d’une sorte de folie, il est partiellement désactivé – privé de certains de ses modules de mémoire – par David Bowman, seul astronaute survivant du vaisseau. Et au fur et à mesure que ses modules de mémoire sont ôtés, HAL est comme étreint par la panique et l’angoisse : « j’ai peur », « ma mémoire s’en va, je peux le sentir. ».

C’est un peu de cela que je ressens.

Pour des raisons que je ne comprends pas, une sorte de folie aussi, peut-être, K. a fait disparaître certaines de nos apparitions conjointes sur les réseaux sociaux. Et c’est comme si un pan de ma vie avait disparu, n’avait jamais existé. Certains dialogues que nous avions eus, et qui étaient difficiles car notre amour est un combat, deviennent des monologues incompréhensibles où des questions restent sans réponse et où des réponses surgissent sans que jamais la question qui leur a donné naissance n’apparaisse.

Ces dialogues détricotés sont étranges. Ils redessinent une vie dont l’autre, dont l’altérité a disparu, où il n’y a plus que soi qui parle, comme si telle était la seule forme acceptée de discussion : moi et moi (ou plutôt : elle et elle).

Quelque chose de triste et de mensonger.

Aldor

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