Je me berce souvent de cette illusion
Qu’il suffirait que j’ai le bon outil
Pour que surgissent de mon esprit et de mes mains
Les chefs d’œuvre que je porte en moi.

Ah ! si seulement j’avais le bon stylo,
Les bonnes chaussures de marche,
La bonne scie sauteuse,
Le monde entendrait parler de moi
Et saurait la grandeur de mes talents !

C’est ridicule, n’est-ce pas ? Et pourtant,
Et pourtant il y a là une part de vérité,
Minime mais réelle,
Qui consiste en cela qu’on essaie
De se mettre au niveau des outils qu’on emploie.

Ah ! si seulement j’avais le bon stylo,
Les bonnes chaussures de marche,
La bonne scie sauteuse,
Le monde entendrait parler de moi
Et saurait la grandeur de mes talents !

Comme la Bête tombée amoureuse de la Belle
Peut, à force d’amour, devenir Prince charmant,
Le crapaud tout vilain beau comme une princesse
Et l’aimant devenir digne de celle qu’il aime,
La main peut se hisser au niveau de l’outil.

Ah ! si seulement j’avais le bon stylo,
Les bonnes chaussures de marche,
La bonne scie sauteuse,
Le monde entendrait parler de moi
Et saurait la grandeur de mes talents !

On se hausse, on se hausse, on se hausse un peu,
Mais on demeure toujours quand même les pieds sur terre,
Et notre main, bien que dotée du bon outil,
Ne se transforme pas en celle d’un génie !

Ah ! si seulement j’avais le bon stylo,
Les bonnes chaussures de marche,
La bonne scie sauteuse,
Le monde entendrait parler de moi
Et saurait la grandeur de mes talents !

Aldor

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