Je me demande parfois si
Entre celles et ceux qui voient le monde en ou
Et les autres, qui d’abord le perçoivent en et,
La différence est de nature ou bien de caractère,
Psychologique ou de raison.

Ceux qui,
Toujours et partout,
Veulent que les choses soient ceci ou bien cela,
Et refusent qu’elles puissent être et ceci et cela,
le veulent-ils vraiment ou le voient-ils ainsi ?

Et celles qui,
Dans la moiteur et l’épaisseur du monde,
Et sa difficulté et sa complexité,
Décèlent des raisons simples, des causes univoques,
Vivent-ils ainsi le monde ou le pensent-ils ainsi ?

Choisir…,
Faut-il choisir toujours et ne peut-on parfois,
Dans les limbes du choix demeurer à jamais,
A tous les rateliers s’arrêtant et mangeant,
pour trancher autrement le dimemme de l’âne,
De l’âne et de l’âme dont parle Buridan ?

Je me demande aussi parfois (souvent ?)
S’il n’y a pas,
Dans ce désir que j’ai de prendre mes distances,
Ce droit que je défends à l’humour et au rire,
Cette sorte de louange à la légèreté,
Une certaine frivolité,
Une façon d’inanité,
Une forme de vacuité.

Et ne serait-ce pas, finalement, plutôt moi,
Que sa futilité, son caractère flottant,
Désinvolte et superficiel,
Rendrait dans les faits incapable
De profondeur, de gravité,
De vérité et de pure entièreté ?

Et toutes ces questions, parfois, me viennent en bouche
Et tournent dans ma tête et tournent, tournent et tournent,
Et me laissent troublé.

Et puis passe le temps et puis je les oublie.


La photo a été prise dans le Morbihan près de Porh Nèze.
J’aime bien les estrans, ces endroits pleins de et ; ces lieux où la mer à la terre s’enlace.

Aldor

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